Liste Paris 100% à gauche soutenue par la LCR
conduite par Sylvain Pattieu et Soraya Al-Fahham
Réponses aux questions des conseils de quartier
pour les candidats aux municipales
Les questions des conseils de quartier sont en italique
Nos réponses sont en gras
Petite précision : nos militants et candidats sont des salariés, pas des professionnels de la politique. Ne
disposant pas de collaborateurs d'élus appointés, nous ne sommes donc pas en mesure de rentrer pour chaque question dans les détails les plus techniques.
A . Démocratie locale
1 Comment envisagez-vous votre rôle et vos relations avec les instances créées par la loi pour favoriser la
"démocratie locale" ?
Les élus doivent être au service de la population qui doit avoir les moyens de les contrôler. Dans ce cadre il faut aller
plus loin en matière de démocratie locale.
Nous prônons la démocratie participative, si souvent récupérée et déformée, en référence à l’expérience de la ville
brésilienne de Porto Alegre dans l’Etat Rio Grande de Sul.
Le maire et son équipe municipale, militants de l’équivalent de la LCR au Brésil, avaient mis en place un système de
conseils de quartier qui disposaient d’un véritable pouvoir de décision démocratique, d’un budget et d’un droit de regard sur l’action des élus.
Selon nous la démocratie locale passe par un véritable pouvoir de contrôle et d’initiative des conseils de quartier. Leurs
avis, demandes, vœux doivent être obligatoirement examinés par le conseil d’arrondissement.
2 Que signifie en pratique la "concertation" pour vous ? A quoi vous engage-t-elle vis-à-vis de vos interlocuteurs des
CQ ?
Le conseil d’arrondissement doit se prononcer sur les vœux des conseils de
quartier, le Conseil de Paris doit faire un bilan tous les six mois des vœux émis par les CQ. Il doit y avoir de l’écoute de la part des élus. Les conseils de quartier doivent pouvoir se
prononcer sur les équipements et les services de l’arrondissement, et les élus doivent mener la bataille avec eux quand la responsabilité de l’Etat ou du Conseil de Paris est engagée. Les CQ ne
doivent pas être une instance de validation de décisions prises à un autre niveau mais un lieu de débat, de proposition et de décision en ce qui concerne les aménagements
locaux.
3. Comment entendez-vous faciliter leur fonctionnement, donner de la crédibilité aux conseils de
quartier, et motiver ainsi les habitants acceptant d'agir bénévolement dans ces instances ?
Les conseils de quartier doivent disposer d’un véritable pouvoir de décision sur un plus grand nombre de projets.
Un adjoint à la démocratie locale doit être nommé. Il faut développer l’information autour des CQ, l’affichage actuel est insuffisant. Leurs réunions, ordre du jour, compte rendus doivent faire
l’objet d’une large publicité. Le rôle de l’élu doit consister à leur apporter son soutien pour voir aboutir leurs revendications et projets.
Il faut souligner cependant que motiver les habitants pour participer aux
CQ nécessite aussi des changements qui ne dépendent pas directement de la municipalité, car les CQ ne sont pas complètement représentatifs de la population du quartier. Il
faudrait diminuer massivement le temps de travail car il est notamment difficile pour les salariés de participer activement à des
activités extra-emploi. De même, pour encourager la participation actuellement très faible des habitants d’origine
étrangère non francophones, il faudrait assurer la présence d’interprètes.
4. Pour que les instances de démocratie locale puissent effectivement jouer leur rôle de partenaires des élus de la
Ville et de l'arrondissement, que pensez-vous des dispositions suivantes :
Oui nous y sommes favorables.
Oui c’est un moyen de prendre vraiment en compte les vœux des conseils de quartier.
Bien entendu sinon ils ne resteront que des vœux pieux (et en général à la LCR nous ne sommes pas très
pieux).
Oui, cette mesure pourrait être prise immédiatement sans grande difficulté : c’est une question de volonté
politique.
-
prévoir, sur demande motivée, des rencontres avec les services "techniques" compétents - y compris à l'Hôtel
de Ville - afin d'échanger en temps utile sur les différents aspects d'un projet ou son évolution ?
Oui, afin que les élus ne se réfugient pas derrière l’argument d’autorité des « contraintes techniques » pour
refuser des projets.
Oui. Ce serait très important afin que les CQ aient une vision globale de
l’arrondissement, et puissent se coordonner. Il faut une instance démocratique représentative des divers conseils de quartier, afin qu’ils ne restent pas isolés. Il en faudrait d’ailleurs aussi
une au niveau parisien, même s’il faut veiller bien sûr à ne pas multiplier les réunions et les instances. Des assemblées parisiennes des conseils de quartier
pourraient être organisées bien plus régulièrement, comme cela a d’ailleurs été fait une fois sur la question des personnes sans domicile.
B. Précarité et solidarité
5-Quel engagement pouvez-vous prendre sur le fonctionnement et l’action de la Coordination Précarité Xème
?
Il faut la faire fonctionner, avec un élu référent et peut-être un salarié (pas en emploi précaire !).
Un poste à titre expérimental est prévu sur trois arrondissements dont le Xème. Cet emploi devrait être pérennisé et à terme il faudrait un temps plein pour le seul Xème (et aussi pour les autres
arrondissements concernés). Pour nous, le social est une priorité !
6-L’historique des « vœux » montre la permanence des problèmes et la pertinence du projet
“kiosque/bagagerie/sanitaires”. Ce projet vous paraît-il suffisamment important pour y affecter ou préempter des espaces sur l’arrondissement ? Quel engagement prendriez-vous sur sa réalisation
et sur un calendrier
La réalisation d’un kiosque d’accueil pour les exilés (avec interprètes
etc…), d’une bagagerie pour les populations à la rue et de sanitaires pourrait être immédiate, d’autant que ces mesures ne nécessitent pas d’investissements importants. Rappelons à titre
d’exemple que quand la Poste située près de la Gare de l’Est a été en travaux, des bâtiments en préfabriqué dotés d’électricité ont été installés en un temps record, à l’endroit même où se
retrouvent de nombreux exilés !
Il s’agit donc d’une priorité. La responsabilité de l’Etat qui a fermé Sangatte quand Sarkozy était à l’intérieur
est bien sûr engagée, mais la municipalité ne doit pas se retrancher derrière l’Etat comme c’est le cas actuellement pour dénier ses propres responsabilités face à une situation d’urgence. C’est
inhumain et inacceptable.
7-Que prévoyez-vous de faire pour améliorer la situation des "exilés" (Kurdes,
Irakiens ou Afghans) du square Satragne et du jardin Villemin ?
Là encore, une partie de la question doit se résoudre au niveau national,
avec la régularisation des sans papiers. Si entre 100 et 300 exilés d’Afghanistan et d’Irak passent un temps plus ou moins long autour des gares dans l’espoir de passer en Angleterre, s’ils en
sont réduits à vivre dans la rue, c’est bien du ressort principal de l’Etat. Mais la Mairie ne peut se retrancher derrière ce fait pour refuser d’assumer l’urgence de la situation. C’est ce
qu’elle fait notamment concernant le sort des mineurs dont elle refuse de s’occuper en disant que c’est le rôle de la DDASS. Un kiosque d’accueil doit immédiatement être mis en place avec
notamment des interprètes, afin qu’ils soient au courant de leurs droits. C’est ce que réclame depuis des années le collectif des exilés du Xe et que la Mairie a toujours refusé de
faire jusqu’ici. Des solutions d’hébergement autres que l’accueil dans des centres pour SDF, inadaptés, doivent être trouvées : ce point rejoint la question du logement social. Un soutien,
une solidarité de la Mairie doivent être apportés à ces exilés, sans examen osseux pour déterminer leur âge !
8- Que pensez-vous faire pour faciliter l’accès à la voirie et aux bâtiments publics des personnes à mobilité
réduite ?
Il y a un travail de mise aux normes qui est nécessaire, notamment concernant des bâtiments anciens. Par la construction
de bateaux, d’équipements appropriés, des réponses doivent être apportées. Elles passent par un recensement des lieux à problème avant leur mise aux normes, puis par un plan d’aménagement.
Malgré le Schéma directeur de l’insertion et du handicap établi par la Mairie, il n'existe à ce jour aucune information sur le recensement des établissements publics ne disposant d'aucun accès
aux personnes à mobilité réduites. Ainsi, dans le Xe, comme à l'échelle de Paris, il est urgent de rattraper le retard, notamment au regard des exigences des normes européennes dans
l'accessibilité des lieux et établissement accueillant du public aux handicapés. Ce projet devra prendre en compte le vécu des handicapés en associant les associations et structures spécialisées.
Enfin, municipalité doit aussi engager une concertation vigoureuse avec la RATP et la SNCF pour améliorer l'accessibilité aux transports en commun parisiens,
largement insuffisante.
C PROPRETE
Quelques remarques liminaires : il convient de se mettre d’accord sur ce qu’on entend par propreté. A ce
titre les critères du baromètre de la propreté doivent être mis en question : selon les arrondissements, la population qui y habite, les exigences, les normes et les définitions de la
propreté peuvent varier. Ceci étant dit, pas de politique de la propreté sans investissement plus massif et central de la ville en ce domaine, or les moyens de la ville ont baissé depuis cette
période. Ce qui pose deux questions : celle des services publics municipaux et du refus de la délégation au secteur privé (donc une remunicipalisation alors qu’actuellement des entreprises
comme Véolia font de l’argent sur la propreté des Parisien-ne-s, et celle de la fiscalité locale, profondément injuste et qui devrait être réformée.
9-Qu’êtes-vous prêt-e à faire pour :
Nous nous engageons à relancer cette dynamique
en augmentant les moyens consacrés à la propreté, dans le cadre des services publics municipaux et non de la délégation au privé. Des personnels supplémentaires doivent être engagés, avec un
véritable statut et non dans la précarité comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui.
Là encore, c’est la logique du service public et non celle de la
concession au privé qui doit dominer. Les conseils de quartier, les habitants, en lien avec les élus et les organisations syndicales des salariés de la propreté,
doivent avoir un droit de regard sur le travail accompli et sur les modalités de son exécution.
Les appels à la bonne volonté individuelle, s’ils ne sont pas culpabilisateurs, sont nécessaires mais pas
suffisants. Il faut une volonté politique centrale.
Un seul exemple : un des aspects frappants des problèmes de propreté
dans le Xe réside dans la prégnance des odeurs d’urine, notamment près des gares. C’est désagréable mais cela souligne surtout le trop faible nombre de WC publics gratuits qui
devraient être installés un peu partout dans l’arrondissement. Dans ce cas comme souvent, mieux vaut prévenir que guérir !
10-Pouvez-vous vous engager à donner l’exemple, en nettoyant les affiches politiques dans les huit jours suivant les
élections ?
Nous ne pouvons pas prendre un tel engagement, qui ne serait que démagogie
électorale. En effet, il nous faudrait pour cela les moyens des services de propreté, que nous n’avons pas ! Si nous collons des affiches sur les murs, c’est bien que l’arrondissement manque
cruellement d’espaces réservés aux informations politiques, syndicales, associatives. La Mairie devrait mettre en place de tels panneaux. Il y a un véritable problème pour l’expression politique
publique légale, y compris en terme de salles de réunions. Il serait du rôle de la municipalité de mettre à disposition des associations,
partis, syndicats, groupes de citoyens, de tels locaux. Franchement, peut-on vraiment affirmer que les affiches politiques polluent plus le paysage que les publicités omniprésentes,
notamment sur les panneaux Decaux généreusement octroyés par la Municipalité à un entrepreneur privé ? On en revient à notre remarque préliminaire sur la nécessaire définition de ce qu’on
entend par pollution, propreté etc…
D. Commerces de proximité et monoactivités
De nombreux habitants de nos quartiers se plaignent, depuis des années, des nuisances occasionnées par des
monoactivités concentrées sur certains secteurs :
Là encore quelques remarques préalables : la volonté de disposer près de son domicile de commerces de
proximité est largement légitime. Mais derrière les griefs contre la monoactivité ne doivent pas se cacher des préoccupations moins avouables et stigmatisantes pour certaines populations de
l’arrondissement. Car enfin de quoi parle t-on quand on évoque la monoactivité ? De la monoactivité en matière de cristallerie et de vaisselle de la rue Paradis ? Des luthiers de la rue
de Rome ou des bijoutiers de la place Vendôme, certes hors de notre arrondissement ?
Parfois, derrière la monoactivité, ce qui gêne c’est la concentration de populations d’origine immigrée, et pour
nous c’est inacceptable. Par exemple dans le cas des commerces tamouls le long de la gare du Nord, il ne s’agit pas de monoactivité même si tous sont tenus par des commerçants d’une même
origine : il y a des épiceries, de la téléphonie mobile, des restaurants. Ce qui gêne dans ce cas, est ce la « monoactivité » ou la présence dans le quartier d’une population
d’origine étrangère qui a après tout bien le droit de se rassembler où bon lui semble tant que cela ne dérange pas autrui !
Il faut veiller à la diversité des commerces, bien entendu, mais même quand certaines rues concentrent beaucoup de
boutiques consacrées à une même activité, il n’est pas rare qu’une rue plus loin il existe boulangerie, boucherie ou marchand de légumes.
Enfin, il ne faut pas exonérer la grande distribution et les avantages dont elle bénéficie de la responsabilité de
la disparition des commerces de proximité.
11- Comment comptez-vous assurer le respect de la réglementation, en matière de livraisons, d’hygiène et de propreté
?
Le lien entre « monoactivité » et manque
d’hygiène ou de propreté ne nous paraît pas forcément évident. Cela dit, la municipalité doit veiller à l’application de la réglementation, au respect des riverains de tous les commerces.
Les élus, avec le soutien des habitants, doivent faire pression sur la Préfecture et les services de
propreté.
12- Quelles initiatives comptez-vous prendre pour promouvoir la diversité des commerces de proximité dans le
quartier ?
Quand la situation est vraiment abusive, la Mairie peut faire jouer son
droit de préemption sur certains baux commerciaux. Elle peut définir, par quartier, et en concertation avec les habitants un nombre
souhaitable de commerces de proximité divers. Pour lutter contre les avantages de la grande distribution, nous souhaitons également que la Mairie prenne contact avec des organisations
de producteurs, comme la Confédération paysanne, afin de mettre en lien commerçants et producteurs d’aliments de qualité.