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Municipales 2008

Lundi 11 février 2008

 

La liste Paris 100% à gauche
Pour nos luttes, contre Sarkozy
Nos vies valent plus que leurs profits

 

Liste conduite par Sylvain Pattieu, 29 ans, enseignant et Soraya Al-Fahham, 25 ans, éducatrice spécialisée, et soutenue par la LCR et Olivier Besancenot.

1. Sylvain Pattieu, 29 ans, enseignant
2. Soraya Al-Fahham, 25 ans, éducatrice spécialisée
3. Éric Chopard, 51 ans, inspecteur des impôts
4. Dominique Angelini, 43 ans, journaliste
5. Guillaume Communal, 24 ans, ouvrier boulanger
6. Lucile Dubernard, 26 ans, intendante de collège
7. Basile Pot, 38 ans, cheminot
8. Lynda Lugaro, 28 ans, enseignante
9. Damien Doussineau, 26 ans, assistant d’éducation
10. Hélène Samanci, 20 ans, étudiante
11. Julien Dupoux, 26 ans, professeur des écoles
12. Zita Trancart, 77 ans, retraitée
13. Boris Minot, 26 ans, fonctionnaire
14. Barbara Prost, 27 ans, doctorante
15. Éric Glaise, 39 ans, chauffeur
16. Véronique Grandjacques, 32 ans, documentaliste
17. Antoine Boulangé, 35 ans, enseignant

18. Aude Gérard, 21 ans, étudiante


Profession de foi


Les listes « Paris 100% à gauche » proposent une politique anticapitaliste à Paris. Une politique qui défend pied à pied les intérêts du plus grand nombre sans concessions ni renoncements.

 

Sarkozy veut politiser ces élections et leur donner valeur de test national après la vague de contestation de sa politique au mois d’octobre et novembre 2007. Ne le décevons pas et adressons lui le message qu’il mérite : non à sa politique de régression sociale qui rend la vie de plus en plus dure.

 

Mais ces élections ne sont pas uniquement un test national et touchent des sujets importants de notre quotidien : le logement, les transports, les services publics, l’eau… Ce sont aussi des sujets qu'il faudra traiter.

 

Paris est une ville administrée par la gauche depuis 2001 maintenant. Si nous ne voulons pas du retour de la droite, nous devons constater qu’à Paris le compte n’y est pas. Le bilan de la gauche sortante est loin d’être glorieux, surtout si on tient compte des énormes ressources financières de la ville. Car Paris est une ville riche, avec un budget municipal qui se compte en milliards d’euros. Mais c’est aussi le département avec le plus grand nombre d’habitants sous le seuil de pauvreté (300 000 personnes vivent avec moins de 945 euros par mois) après … la Seine-Saint-Denis !

 

Alors oui, une autre politique est possible à Paris, et pas dans six ans, mais tout de suite ! Une politique qui répartirait les richesses différemment et qui ne permettrait pas que de grandes multinationales (françaises) se taillent la part du lion sur le dos des usagers de services de moins en moins publics et de plus en plus rentables.

Une politique qui ne permettrait pas que dans une ville si riche, il y ait encore des mal-logés !

Nos listes s’opposent à la droite et au gouvernement de Sarkozy. Elles sont indépendantes de Delanoë et de la majorité municipale. En proposant un plan d’urgence pour Paris, elles portent les voix des luttes et de ceux qui refusent les fatalités économiques et sociales.

 

Au delà de ces élections municipales nous souhaitons regrouper toutes celles et ceux qui sont prêts à construire le nouveau parti anticapitaliste dont nous avons tant besoin !

 

Nous n’aurons que ce que nous saurons prendre, votons le plus à gauche possible,

 

Votons Paris 100% à gauche !

 

 

Logement

 

Il y a moins de 10 % de logements sociaux dans le 10e, bien loin des 20 % fixés par la loi SRU. Depuis 2001, il n’y a eu que 1 049 logements sociaux créés, alors que les demandes dépassent chaque année les 4 000 dans notre arrondissement ! Et moins de 30 000 pour l’ensemble de la ville pour plus de 100 000 demandes annuelles. Par ailleurs, 1/3 de ces logements sociaux sont haut de gamme (de type PLS), inaccessibles aux revenus les plus modestes.

Ce manque de logements sociaux contribue à l’augmentation des loyers. Les opérations de rénovation et la prétendue « mixité sociale » ne doivent pas signifier le départ des habitants les plus pauvres des arrondissements populaires comme le 10e ! La lutte des enfants de Don Quichotte l’an dernier sur le canal St-Martin, et les difficultés quotidiennes de nombreux habitants pour payer leur loyer, démontrent que le logement constitue une urgence sociale.

 

Ce que nous voulons

> Réquisition des immeubles vides.

> Construction de 10 000 logements par an sur Paris. Entretien et amélioration des logements existants.

> Une allocation logement pour que loyer et charges ne dépassent pas 25 % des revenus, plafonnement et baisse des loyers.

> Transparence dans l’attribution des logements sociaux

 

Démocratie

 

Les conseils de quartiers ne disposent ni de pouvoirs ni de moyens.

Nous considérons qu’ils devraient permettre à la population de décider du fonctionnement de l’arrondissement.

 

 

Ce que nous voulons

> Les conseils de quartiers doivent décider du budget, contrôler le mandat des élus.

> La création, en lien avec les associations et en concertation avec les habitants, de 4 nouveaux centres sociaux dans le 10e. Face aux carences de l'État, la Mairie doit donner plus de moyens pour fonctionner à ceux qui existent déjà.

 

Écologie

 

La pollution (bruit, gaz d’échappements liés aux embouteillages) et la qualité de l’eau menacent notre santé. Les usagers et l’environnement sont pénalisés par l’insuffisance des transports publics. Les développer et les améliorer, c’est une nécessité pour nos conditions de vie. Une politique de gauche et écologiste, c’est aussi se donner les moyens de réaliser les travaux pour des économies d’énergie dans les logements.

 

Ce que nous voulons

> Des parkings gratuits aux portes de Paris et aux gares de banlieues.

> Augmentation de l’offre de transport public sur le plan qualitatif et quantitatif dans la région Ile-de-France avec un engagement de la ville de Paris à contribuer financièrement aux côtés

de l’État et de la Région à des investissements

> La construction de nouveaux bâtiments autosuffisants en énergie et développement des énergies solaires sur les bâtiments existants.

 

Services publics

 

Ce que nous voulons

> Remunicipalisation de service public comme l’eau, les cantines dans les arrondissements où elles sont déléguées au privé.

> Titularisation statutaire des personnels municipaux en contrats précaires.

> La construction d’écoles et une mobilisation pour exiger du gouvernement la création de postes d’enseignants.

 

 

Accueil des enfants

 

Malgré la création de nouvelles places en crèche et en halte-garderie, l’accueil des enfants de moins de trois ans est largement insuffisant dans le 10e arrondissement. Les parents sont obligés d’avoir recours à des assistantes maternelles dont le coût est pour beaucoup, bien trop élevé.

Il faut un service public de la petite enfance qui fonctionne réellement. Que des crèches municipales soient ouvertes en nombre suffisant.

 

Sans-papiers

 

Les sans-papiers, ce sont nos collègues de travail, les amis de nos enfants, nos voisins, parfois des SDF qui essaient de survivre, pas des dangers pour l’humanité ! Dans le 10e, la situation des « exilés », qui en sont réduits à vivre autour des gares en espérant rejoindre l’Angleterre, est dramatique. La Mairie refuse pourtant de mettre en place un kiosque d’accueil pour leur offrir un accueil décent !

 

Ce que nous voulons

> Soutien aux sans-papiers contre les rafles et pour leur régularisation, et aux associations de solidarité.

> Mise en place d’un kiosque d’accueil pour étrangers, avec traducteurs, aide juridique et matérielle.

> Aucune discrimination dans l’accès aux services publics municipaux. etc...

> Rénovation des équipements sportifs.

> Construction de structures d’hébergements pour les femmes victimes de violences.

> Construction de foyers d’urgence pour les sans-abris.

> Accessibilité des logements, des transports et des services publics aux personnes handicapée

 

Notre démarche

 

Les élus « Paris 100% à gauche » défendront ces mesures dans les conseils où ils seront élus. Ils voteront aussi les mesures proposées par la gauche lorsqu’ils les jugeront favorables aux classes populaires. Mais nous ne serons pas solidaires de la politique de l’équipe de Bertrand Delanoë, soumise aux volontés des grandes entreprises aux dépens des travailleurs.

Les élus « Paris100% à gauche » utiliseront leur mandat pour soutenir les mobilisations à Paris et dans le 10e. 

 

LCR 10ème : pour tout contact lcrdixieme@yahoo.fr - notre site : http://lcrdixieme.over-blog.com/

Par LCR Paris 10ème
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Lundi 11 février 2008
municipales.jpg La liste Paris 100% à gauche

 

Liste conduite par Sylvain Pattieu, 29 ans, enseignant et Soraya Al-Fahham, 25 ans, éducatrice spécialisée, et soutenue par la LCR et Olivier Besancenot.

Les listes Paris 100%  à gauche proposent une politique anticapitaliste  qui défend pied à pied les intérêts du plus grand nombre sans concessions ni renoncements.
- faire du droit au logement un droit effectif
-
contribuer à des transports publics de qualité
-
défendre et développer les services publics et les services municipaux
- s'attaquer aux discriminations et aux inégalités

- élargir l'accès à la culture et à la démocratie


Réunion publique - débat :

Comment mettre en œuvre une politique anticapitaliste à Paris

mardi 26 février à 19h30
au café Le Dune

18 rue Claude Vellefaux - 75010 Paris
M° Goncourt ou Colonel Fabien
Par LCR Paris 10ème
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Samedi 1 mars 2008

delanoe.jpg Un modèle de gestion social-libérale : le Paris de Bertrand Delanöe et de sa majorité « plurielle » 


Par Stathis Kouvélakis (LCR Paris 20ème)

 

Depuis la victoire de Chirac aux municipales de 1977, le fait commence à se savoir : l'accès à l'Hôtel de Ville parisien peut conduire, ou du moins s'incrire dans une marche menant aux plus hautes fonctions de l'Etat. Aujourd'hui Delanoë, bénéficiant d'une complaisance médiatique qui aurait rendu jaloux son prédécesseur gaulliste, se présente ouvertement comme un « présidentiable », seul concurrent crédible de Ségolène Royal. En ce sens, la gestion que les occupants de la mairie de Paris, et la majorité politique qui les soutient, mettent en place durant leur mandature prend une importance toute particulière : elle éclaire sur le type de politique et de pratique du pouvoir susceptibles d'être mises en œuvre par la suite à une échelle plus large, au niveau du pouvoir central. Impulsées par la dynamique de la « décentralisation », qui a vu le poids des appareils d'Etat locaux (municipalités, conseils généraux et régionaux) monter en puissance, ces tendances s'inscrivent dans un mouvement de fond de restructuration du rôle de l'Etat en France. Loin d'un quelconque « retrait », le redéploiement de l'Etat s'inscrit dans la nouvelle phase de l'accumulation du capital qui voit la remise en cause des compromis de classe de la période antérieure que ce même Etat garantissait lors des « trente glorieuses ». Pour le dire autrement, la « décentralisation » s'est révélée comme le vecteur fondamental d'adaptation en profondeur de l'Etat aux exigences de la phase néolibérale du capitalisme.

Ce constat est d'autant plus important que, vu sous cet angle, ce n'est plus simplement le sommet gouvernemental et administratif qui est impliqué dans cette mutation néolibérale, mais bien, voire même : en tout premier lieu, les gestionnaires du pouvoir public au niveau local, municipal, départemental ou régional. Difficile de surestimer l'impact de cette tendance sur le système politique, et avant tout sur les partis de gauche, PS, PCF, Verts : telle qu'elle fût pratiquée, donc non sans contradictions, la gestion locale s'est néanmoins révélée sur le long terme comme le véritable laboratoire de la mutation de ces partis en partis de gestion du néolibéralisme, transformant profondément leur fonctionnement interne, leur rapport à leur base sociale et militante. Tel est donc l'enjeu décisif des scrutins locaux (municipaux, départementaux et régionaux) pour les forces anticapitalistes : ébranler la dérive gestionnaire des partis de gauche, rassembler des forces sociales et militantes susceptible de la remettre en cause, faire avancer des alternatives concrètes et sortir des postures de simple dénonciation. 

La signification de l'alternance de 2001

Delanöe et sa majorité de « gauche plurielle » accèdent à la mairie de Paris au moment où le « système » mis en place par Chirac, et poursuivi par son successeur Tiberi, était exsangue et prenait l'eau de toute part. Les aspects les plus voyants de ce système - corruption systématique, clientélisme, rapports incestueux entre intérêts capitalistes particuliers, mairie et appareil RPR, jusqu'à la falsification des listes électorales - sont connus. Ce qui l'est moins, c'est le soubassement politique et social. Chirac et Tibéri ont en effet mené une politique de classe particulièrement brutale, antipopulaire et ouvertement prédatrice. Il s'agissait de faire « main basse » sur les fantastiques ressources financières de la capitale (un budget de plus de neuf milliards d'euros en 2007, soit environ l'équivalent du budget de la culture et de la justice réunis) pour mettre en place un réseau agglomérant certaines fractions du capital (du secteur du tourisme aux promoteurs immobiliers et entreprises liée aux commandes et services de la Ville de Paris tels que l'eau, l'affichage, le nettoyage etc, en passant par les « états majors » d'entreprises concentrés sur la capitale) au personnel politique appelés à jouer un rôle dirigeant dans la conquête la future gestion du pouvoir présidentiel.

Après avoir battu en 1977 une gauche encore dominée par le poids prépondérent du PCF à Paris, dans un contexte d'extrême polarisation sociale et politique, ce système ne pouvait que chercher des appuis, et cela de façon croissante, dans la corruption cliéntéliste et la fraude ouverte, plutôt que dans la recherche de compromis sociaux (même limités) avec des secteurs populaires. L'« évolution sociologique » de Paris, à savoir l'éviction des couches ouvrières et du salariat modeste dans la périphérie de plus en plus lointaine, et l'appui inconditionnels des « beaux quartiers » de l'Ouest parisien étaient censés faire le reste. En deux mots, loin d'être une anomalie ou une exception, le système Chirac-Tibéri offre au contraire un exemple exacerbé du modèle néolibéral dans ses traits les plus fondamentaux.

On ne fera pas l'historique de la crise et de la chute de ce système, pour se limiter au rappel de quelques tendances fondamentales :

  • ce système laissait beaucoup trop de monde en dehors, tout particulièrement dans le salariat intermédiaire et supérieur (qui compte parmi les gagnants relatifs de l'éviction des couches populaires de l'Est parisien) et jusque dans des secteurs bourgeois marginalisés ou exclus du système. Ces secteurs sociaux ont investis massivement dans les années 1990 le PS et les Verts, occupant ainsi le vide politique et sociologique laissé à gauche par l'effondrement du PCF et la fin du Paris ouvrier.

  • La légitimité du pouvoir Chirac-Tibéri a été fortement contesté par des mobilisations sociales significatives, de type « mouvements urbains », notamment à partir des années 1990 : mobilisations sur les projets d'aménagement urbain, luttes pour le logement, mouvements culturels. Portés par essentiellement par les associations, ces mouvements sont dominés par les « classes moyennes salariées » (enseignants, artistes, cadres de la fonction publique etc) mais rayonnent au-delà, parfois en direction des classes supérieures (sur les questions du cadre de vie dans des quartiers relativement aisés comme le 14e par exemple), parfois en direction des classes populaires (luttes pour le logement dans l'Est parisien). Une mention spéciale doit être réservés aux mouvements des travailleurs immigrés et/ou en solidarité avec ceux-ci et leurs familles, qui regroupent une part majoritaire de ce qui reste de la classe ouvrière dans Paris.

Ces secteurs sociaux ont joué un rôle majeur dans la modifications des rapports de force sociaux au cours de la dernière période Chirac-Tibéri. Disposant d'une relative autonomie, ils n'en constituent pas moins la base la plus « militante » de l'actuel bloc politique qui occupe l'Hôtel de ville, tout particulièrement le PS et les Verts parisiens. Ceux-ci jouent un rôle important en ce qu'ils  sont le seul secteur politique à disposer d'une (très) relative autonomie vis-à-vis de la gestion Delanöe (à l'opposé d'un PCF presque entièrement satellisé) tout en s'inscrivant à l'intérieur de ses équilibres d'ensemble. Le renforcement de la gauche anticapitaliste dans ses secteurs sociaux est une priorité pour modifier les équilibres dans la gauche parisienne. Il passe, entre autres choses par une critique argumentée et concrète du bilan de la mandature Delanöe. Les notes qui suivent entendent contribuer à cette critique

 

Le logement : un bilan chiffré

La question du logement se trouve, et depuis fort longtemps, au cœur des rapports politiques et sociaux dans l'espace urbain de la capitale. En effet, depuis le baron Haussman, encouragé sinon piloté par des politiques étatiques, un puissant mouvement d'investissements spéculatifs fonciers agissent toujours dans le même sens : chasser les couches populaires de la ville, prélever un « tribut foncier urbain » au profit de certaines fractions capitalistes, construire un espace urbain résidentiel destiné aux classes moyennes. Cette tendance comporte également, même si cet aspect bénéficie en général d'une attention moindre, une logique proprement économique : industrie du tourisme et du loisir de masse, bien entendu, services marchands, mais aussi segments supérieurs dans la division de travail, de plus en plus associés à des positions de prestige au sein d'un capitalisme mondialisé : secteur financier, luxe, médias et high tech, fonctions de commandement et de conception de grandes entreprises (souvent concentrées dans leurs sièges) etc.

Concernant le bâti, ce deuxième aspect concerne une variable cruciale, et pourtant peu discutée quand il est question du logement et de la politique municipale. C'est la question de l'immobilier de bureau, sur lequel, on le sait, Chirac et Tibéri avait tout misé. Il ne s'agissait en effet pas simplement d'accélérer l'éviction des ouvriers et du salariat d'exécution de Paris mais aussi d'encourager la fuite des activités de type industriel, et de récupérer l'espace urbain devenu ainsi disponible au profit du « tertiaire haut de gamme », faisant de Paris une métropole en compétition avec d'autres mégalopoles sur le terrain du capitalisme mondialisé. A noter que l'activité foncière associée à l'immobilier est extrêmement cyclique (elle se contracte fortement au moment des récessions), très spéculative (elle rapporte bien davantage que la construction de logement). Ses conséquences dans le remodelage de l'espace urbain sont très importantes : la demande de surfaces de bureau tend à décliner dans le centre de Paris intra-muros (qui tend à devenir un pur espace de consommation et de loisir de masse) au profit des zones situées en périphérie (en bordure du périphérqiues et en banlieue : La défense, bien sûr, mais aussi Plaine Saint Denis, plusieurs zones de la grande couronne etc).

L'arrivée de la nouvelle équipe municipale signale-t-elle un infléchissement de la politique municipale à cet égard ? Et quelle est sa marge de manœuvre effective, à savoir son poids relatif dans l'ensemble de l'activité liée au foncier à Paris ?

Commençons par la deuxième question : compte tenu de la chute constante du volume de la construction à Paris, la part des opérations engagées par la Ville de Paris sous forme de ZAC (Zones d'Aménagement Concertée, par exemple la ZAC Bercy, des Batignolles) ou de GPRU (Grand Projet de Renouvellement Urbain, par exemple le réaménagement des portes de Paris) dans ce total s'est considérablement accrue : elle s'est élevée à 31% entre 2001 et 2004, soit 48% des bureaux et 18% des logements. Selon certaines estimations elle pourrait atteindre jusqu'à 45% du total des logements neufs pour la période à venir (jusqu'en 2015), compte tenu du ralentissement de l'activité de ce secteur. Dans son programme pour la prochaine mandature, Delanöe parle de « la réalisation de plus de 70 opérations d'aménagement, intéressant 1000 hectares soit 10% du territoire [de Paris] »1. Dans tous les cas il s'agit de projets d'ampleur considérable, dont le poids spécifique sera décisif dans un secteur de la construction à l'activité fortement limitée par les contraintes objectives de l'agglomération (quasi-absence de terrains constructibles en dehors des secteurs aménagés, bâti ancien protégé etc.). Dans quel sens vont-ils agir ?


La part du logement social parisien atteint actuellement 15% (chiffre 2006) des résidences principales, elle était de 13,5% en 2001. Cette petite amélioration résulte d'une légère augmentation du nombre de logement sociaux financés par, de 3500/an environ de 2001 à 2003 à 4000/an en 2004-2005 et 5200 en 2006. Le PLU (Plan Local d'Urbanisme) approuvé en juin 2006 par le Conseil de Paris fixe un objectif plancher de 4000 logements par an. Au rythme actuel, il faudrait, selon les estimations officielles de l'APUR datant de 2006 (Atelier Parisien d'Urbanisme)
2 une quinzaine d'années (et un volume de 57 mille logements) pour atteindre le taux de 20% de logements sociaux fixés par la loi SRU3. Ces estimations, pourtant relativement optimistes, invalident d'emblée les promesses du candidat Delanöe qui parle d'objectif atteint à la fin de la prochaine mandature (2014) et d'un chiffre de 40 mille logements4. Il y donc peu de chances pour que le nombre de demandeurs de logement social, qui est passé de 100 à 110 mille (dont 88 résidents parisiens) sous le premier mandat de Delanöe, recule de façon significative dans les années à venir et pour que, tout simplement, Paris respecte dans un délai prévisible les objectifs minimaux fixés par la loi SRU (20% de logement social dans le total des résidences principales d'une commune), votée par un gouvernement de gauche plurielle.


Avant d'examiner de façon plus précise la « qualité » des logements sociaux en question, regardons de plus près les raisons de cette insuffisance. Dans son projet pour Paris, Delanöe parle de 27 mille logements neufs à Paris pour la prochaine mandature, dont la moitié de logements sociaux (environ 13 mille donc, soit plus de deux mille par an), le reste (soit environ 27 mille sur les quarante mille promis) devant être réalisé grâce à la réhabilitation de logements anciens et à la transformation de logements existants en logements sociaux
5. Ces chiffres paraissent pêcher par un optimisme exagéré, le rythme actuel étant plus proche des trois mille logements neufs par ans (dont environ 1300 logements sociaux par an). Ils cachent surtout le fait majeur, à savoir que la majeure partie de ce qui se construit dans Paris, y compris dans les programmes de type ZAC et GPRU, est consacré à l'immobilier de bureau : selon l'étude de R. Paris et R. Dutrey6 il apparaît que 48,98 % des m2 de surface habitable nette (SHON) programmés dans les principales opérations parisiennes, présentées dans « Aménager Paris », seront consacrés aux bureaux et aux activités, 28,11 % au logement et 22,91 % aux équipements. Cet équilibre global est très similaire à celui qui prévaut dans les ZAC et GPRU où un peu plus de 51 % des surfaces construites seront des bureaux.


Au total, ce sont plus de 4,7 millions de mètres carrés nouveaux qui ont été programmés depuis 2001, début du mandat Delanöe, dont plus de 2,4 millions pour les bureaux et activités, près d'1,18 million pour le logement et un 1,3 millions consacrés aux équipements. La majorité de ces 4 millions de mètres carrés devraient voir le jour d'ici à 2015, à moins d'une remise en cause des programmes votés. Selon les auteurs de cette étude « la demande reste forte dans l'espace réservé aux activités, en raison de l'attractivité de Paris mais aussi parce que le rapport d'un immeuble d'activité est meilleur que celui d'un de logement, d'où l'intérêt des promoteurs. Les acteurs économiques ayant pour objectif de valoriser leurs biens pour financer l'achat de leurs nouveaux bureaux, cet apport de biens pourrait entretenir le mouvement à la hausse du marché immobilier ».


Ainsi donc, les priorités fixées par la Ville de Paris correspondent parfaitement aux exigences spéculatives des promoteurs immobiliers : priorité aux bureaux et logement social réduit à la portion congrue. Sur quel raisonnement économique se fonde ce calcul des édiles municipaux ? Citons de nouveau l'étude de R. Paris et R. Dutrey : « L'équilibre général adopté entre activité, logement et équipement permet le financement des opérations d'aménagement à un coût très faible pour la Ville de Paris. Pour le dire simplement, la volonté municipale que les ZAC s'équilibrent financièrement, donc que les ventes de droits à construire de bureaux et de logements privés en accession payent l'acquisition des terrains, les équipements et les espaces publics ainsi qu'une partie des logements sociaux, aboutit à une très forte proportion de programmes privés ».


Revenons donc à la question prioritaire : quelles sont les causes de l'insuffisance fondamentale d'offre de logement social à Paris ? Non pas simplement la rareté des terrains et/ou leur coût, ou le coût de financer du logement social dans du logement existant à Paris, mais un choix politique lourd, qui s'opère aux niveaux des opérations de type ZAC : en effet, moins de 15% des surfaces construites dans ce cadre sont destinées au logement social, quand bien même elle représenteraient la moitié du logement neuf total.


Encore faut il ajouter que ce logement social, neuf ou ancien reconverti, est pour un tiers seulement du logement « vraiment » social, de type PLA-I ou PLUS (plafonné entre 5,25 et 5,9 euros /m2) un bon tiers étant du logement « intermédiaire » (PLS, plafonné à 8,85 euros / m2) destiné aux « classes moyennes » électoralement tant convoitées par les autorités municipales (entre 2001 et 2006, sur un total de 23850 logements sociaux financés, environ 7300 correspondent à des PLS). Le programme de Delanöe assume du reste candidement cet aspect, en maintenant à un tiers la part de PLS dans le logement social programmé pour la prochaine mandature, et cela « 
afin de répondre aux difficultés rencontrées par toutes les catégories sociales, et notamment les classes moyennes ». Il ajoute même que la ville « imposera aux promoteurs » une part de 40% de logements neufs « à loyers maîtrisés », plafonnés à 16 euros par m2, soit le double des logements PLS7. Ce qui donne par exemple un loyer de près de 500 euros hors charges pour une surface de 30 m2. Belle manière de « répondre aux difficultés rencontrées par toutes les catégories sociales » en effet ! 

Logement et emploi

Le choix en faveur de la spéculation immobilière, et tout particulièrement de l'immobilier de bureau, est en général justifié par l'argument économique classique du libéralisme, celui de la création (supposée) d'emploi induite par l'accroissement des profits capitalistes.


Le moins qu'on puisse dire est que cette logique ne fonctionne pas dans le cas dont il est ici question : Paris ne cesse de perdre des emplois, tout particulièrement depuis 2001 (1,45 million de salariés en 2000, 1,24 million en 2007), et ce y compris dans le secteur tertiaire
8.


La structure du chômage parisien (actuellement de 8,3%, légérement supérieur à la moyenne francilienne et nationale), est majoritairement constituée de chômeurs de longue durée et des jeunes sous-qualifiés. Or les immeubles de bureaux sont davantage pourvoyeurs d'emplois qualifiés, en particulier dans le tertiaire supérieur, destinés à des cadres et professions intermédiaires, ils sont donc déconnecté des besoins des chômeurs parisiens.


Par ailleurs, il est clair que la courbe de l'emploi parisien suit étroitement les courbes régionales et nationales, plutôt que celle de l'augmentation des surfaces tertiaires. Il n'y a donc nulle
 corrélation entre création de surfaces de bureaux et évolution du chômage.


Et le phénomène n'est pas près de s'inverser. En effet le secteur tertiaire francilien s'est engagé depuis plusieurs années dans un vaste phénomène dit de « desserrement », les emplois les moins qualifiés des grands secteurs dominant l'emploi tertiaire francilien (banques, assurances, grands services publics) ayant quitté Paris pour la première et la seconde couronne, pour disposer de grands plateaux récents et surtout bien moins chers, les seules activités de commandement et de représentation restant au centre. Il est peu probable qu'un phénomène inverse se produise, à moins de vendre à perte les droits à construire du bureau en ZAC et de les rendre ainsi compétitives. Donc de s'engager sur ce terrain dans une compétition avec d'autres communes d'Ile-de-France.


En réalité, le soutien public, et tout particulièrement municipal, accordé au marché de l'immobilier de bureau tend à exclure l'activité du centre de Paris et à les concentrer en périphérie. Il accroît de ce fait la ségrégation spatiale, alors même que la majorité des capitales européennes se battent précisément pour endiguer ce phénomène et garder une mixité des fonctions de la Ville à toutes les échelles. Mais, dans ce mouvement, tout le monde n'est pas perdant : les entreprises ou les investisseurs reconvertissent leurs immeubles de bureaux du « triangle d'or » (8ème, 9ème et 16ème arrondissement) en logements (de luxe) - ce qu'incite à faire le PLU dans l'ouest parisien - au profit d'immeubles neufs situés le long du périphérique : elles ne font ainsi que déplacer des emplois et profitent d'une opportunité pour valoriser leur patrimoine foncier de centre-ville.


Une sorte de cercle vertueux de l'accumulation capitaliste s'opère ainsi, qui voit, pour le plus grand profit de la spéculation immobilière, l'espace urbain résidentiel tendanciellement réservé à des couches qui correspondent à la concentration d'activité économiques produite par le redéploiement spatial de la division sociale du travail. Telle est du reste la vision de Paris mise en avant dans le programme de Delanöe : une ville qui se place sur le terrain de la mondialisation capitaliste, à caractère financier, et un pouvoir municipal qui fait le nécessaire, notamment au niveau de la gestion foncière, pour attirer les capitaux et les couches sociales qui profitent de ces tendances. Citons quelques extraits éloquents de ce document : «  Une compétition pacifique mais intense existe entre les grandes villes européennes - Londres, Berlin, Barcelone, Milan ou Amsterdam - et mondiales - New York, Hong Kong, Shanghai ou Tokyo - pour attirer sur leur territoire ces entreprises innovantes, porteuses d'emplois à forte valeur ajoutée. Dans cadre, Paris dispose d'atouts importants : des universités et des écoles d'ingénieurs de grande qualité, des laboratoires de recherche de niveau mondial, destalents et des compétences reconnues dans l'économie de la création (mode, luxe, design, artisanat d'art), de la connaissance (biotechnologies, environnement, réseaux, technologies de l'information, nanotechnologies) ou dans l'économie financière (Euronext, gestion de fonds). Toutes les études mesurant l'attractivité mondiale des capitales confirment que Paris est au coude à coude avec Londres. Notre cité est même la destination privilégiée des investisseurs internationaux à l'horizon 2010, notamment sensibles aux 2 millions de mètres carrés économiques autorisés par le nouveau Plan Local d'Urbanisme »
9. On ne saurait si bien dire… 

Gérer le services public comme une entreprise…

Delanöe est très fier de ses qualités de gestionnaire et de leur conformité avec les critères de l'entreprise. Il veut faire de Paris une métropole  de l'« innovation », une ville « partenaire de ses entrepreneurs »10. Dernier exemple en date, le « partenariat » signé le 29 janvier dernier avec Bill Gates censé permettre, selon les propos tenus par le maire, « d'épauler, chaque année, 40 start-up », le retour à l'emploi « d'une centaine de personnes au chômage » et la réalisation d'un futur « centre sportif numérique », début 2009, porte de Montreuil. Un accord que les élus apprendront par voie de presse, et sur lequel le Conseil de Paris ne n'est jamais prononcé11. Ni la méthode, ni les objectifs ne sont manquent de précédents, nous y reviendrons. Ce qui est certain, c'est que c'est bien comme une entreprise qu'il gère les services de la Ville de Paris. La politique d'externalisation au privé, cœur de la gestion Chirac-Tibéri s'est encore amplifiée. Vélib est le dernier exemple en date, peut-être le plus connu, des cadeaux juteux aux grandes firmes, en l'occurrence JC. Decaux. - dont le nom reste associé à la dérive affairiste du système Chirac-Tibéri - a obtenu d'excellentes conditions pour l'affichage publicitaire dans la capitale en échange des Vélib après une procédure d'appel d'offres rocambolesque.


Mais le cœur de l'affaire réside peut-être dans le type de gestion adopté pour les services de la Ville de Paris. Ainsi des vacataires ou précaires en Contrat d'Avenir ou en Contrat d'Accompagnement dans l'emploi qui travaillent dans les crèches, les cantines, les centres d'animation, les bibliothèques, à temps partiel et pour le SMIC horaire. Malgré les nombreux mouvements sociaux qui ont émaillé sa première mandature, Delanöe choisit d'ignorer les revendications de ses salariés : titularisation ou augmentations de salaires qui leur permettraient de ne pas vivre comme des parisiens de seconde zone.


De même, dans un contexte de privatisation accélérée du traitement des chômage,
les opérations de placement privé des chômeurs vont continuer : Nicolas Sarkozy avait, le premier, en tant que Président du Conseil général des Hauts de Seine recouru aux prestations hors de prix du cabinet de placement australien Ingeus, Delanöe s'engouffre dans la brèche, alors même que toutes les études montrent que l'efficacité de ces structures n'étant guère diférente de celle du public, à savoir faible : fin 2006, sur les 1 900 personnes ayant signé une « charte » avec le cabinet en question, 379 ont décroché un emploi, dont seulement 88 en CDI12. 
 

Et servir (généreusement) les entreprises en ressources publiques…


La sollicitude manifestée par le maire de Paris envers les grands groupes économiques s'inscrit dans la même tendance : Vinci s'est ainsi taillé la part du lion dans le business des parking souterrains de la capitale et espère retirer de juteux bénéfices de la disparition programmée du stationnement gratuit, le groupe Lagardère s'est fait attribuer dans des circonstances étonnantes la concession de la Croix Catelan (site prestigieux de six hectares au cœur du Bois de Boulogne) et le marché des kiosques à journaux. L'entrepreneur Max Guazzini, un proche historique de Delanöe (il fût son conseiller juridique dans les années 1980, et lui doit la prise de contrôle de la station NRJ en 1984), et actuel patron du Stade français, fait, lui, main basse sur le stade Jean-Bouin, tandis que le fonds d'investisement nord-américain Colony Capital, spécialisé dans l'immobilier mais également actionniare majoritaire du Paris-Saint-Germain cherche à transformer le Parc des Princes et la piscine Molitor en centres de profit. Sans oublier LVMH, qui implantera sa fondation Louis Vuitton consacrée à la création et à l'art contemporain en plein cœur du Bois de Boulogne, décidément très convoîté par les grands capitalistes. Précisons que LVMH, groupe dirigé par le milliardaire proche de Sarkozy Bernard Arnaud, est également piloté par Christophe Girard, adjoint à la culture du maire de Paris, qui y travaille comme directeur de la stratégie de la branche luxe (pour 5500 euros par mois précise son site personnel)
13. Dans le domaine des nouvelles technologies, l'accord signé avec Microsoft a immédiatement suscité des questions au sein même de la majorité municipale quant au maintien de l'engagement pris par la Conseil de Paris de basculer les 17 mille PC sous Windows de la Ville de Paris vers des logiciels libres14.


Certes, voulant mettre fin à l'un des principaux scandales de l'ère Chirac, et, plus généralement de la gestion néolibérale des affaires municipales au niveau mondial, la privatisation des services de l'eau (qui s'est traduite par le rencherissement des factures des usagers et des profits juteux pour les actionnaires), Delanöe a déclaré vouloir les faire dans le giron municipal. Pourtant, si l'on suit attentivement les termes de son communiqué, le propos est nettement plus conciliant que ne le laisse supposer le slogan de la « municipalisation » répété à l'envi dans la presse. En témoigne notamment ce passage qui ménage les possibilités de trouver un arrangement avec les opérateurs privés : « je souhaite que cette régie puisse s'appuyer sur le savoir faire technique que les groupes industriels privés, spécialisés dans ce domaine, ont développé en France : cela pourrait s'inscrire dans le cadre de missions, ponctuelles ou spécifiques, ou encore sous la forme de marchés publics concernant par exemple les travaux qui ne relèvent pas de l'entretien courant. Pourrait ainsi se développer une nouvelle approche des partenariats public-privé : l'autorité publique gardant toutes ses capacités de pilotage, de gestion et de contrôle, le privé apportant sa réactivité et son expertise sur des sujets ciblés ». Là comme ailleurs, c'est donc la logique du « partenariat public privé », mis à l'honneur par Tony Blair et les néolibéraux de droite comme de gauche, qui est à l'ordre du jour. Si la clarté n'est pas faite sur ce point, le discours de Delanöe, mais aussi celui de ses alliés de la majorité municipale, notamment Verts et PCF, qui mettent fortement en avant cette promesse de municipalisation de l'eau, ne sera d'aucune crédibilité.
 

Conclusion

Quel est donc le Paris façonné par la gestion Delanoë ? Il n'est guère difficile de répondre à cette question. Derrière les opérations de séduction, de type Vélib, Paris-Plage et Nuit Blanche, largement ciblées vers les classes moyennes aisées et leur style de vie « qualitatif », se trouve une politique de classe, visant à mobiliser les ressources municipales pour stimuler l'appropriation de la ville, de son espace et de ses capacités productives, par les intérêts capitalistes. Le Paris voulu par Delanoë entend se conformer au modèle de la « ville entreprise » : une ville gérée selon les principes de la gestion entrepreneuriale et qui se conçoit elle-même comme un territoire destiné à faciliter et à engendrer des profits. Le programme de Delanoë ne cache du reste nullement les objectifs visant à renforcer l'« attractivité » de Paris pour les investisseurs français et étrangers, et à améliorer son rang dans la compétition européenne et mondiale entre grandes métropoles et régions urbaines. Si changement il y a par rapport à l'époque Chirac-Tibéri, c'est essentiellement dans le sens d'une « modernisation » du modèle néolibéral, les « partenariats » avec Bill Gates et Lagardère succédant au clientélisme traditionnel du RPR.


Dans ce cadre, l'actuelle majorité municipale peut certes opérer quelques concessions en direction de sa base sociale, préférentiellement au bénéfice des fractions les plus aisées de celles-ci (ainsi le timide effort en direction du logement social en fin de mandature). Mais les classes populaires ont peu de choses à espérer d'une politique qui va à l'encontre de leurs intérêts et de leurs aspirations. Seules leurs mobilisations et les luttes peuvent dans l'immédiat arracher quelques concessions.


Pour s'amplifier et aboutir ces mobilisations ont besoin d'une vraie opposition de gauche à la politique de Delanöe et de sa majorité. Telle est l'objectif des listes Paris 100% à gauche avant comme après les élections de mars.

1. Paris, Un temps d’avance. Le projet de Betrand Denanöe pour 2008-2014, p. 12.
2.
APUR, Les chiffres du logements social en 2006, disponible sur www.apur.org.
3.
Loi Solidarité et Renouvellements Urbains, votée en 2000, qui fixe notamment un objectif de 20% de logement social dans le total du parc immobilier d’une commune.
4. Paris, Un temps d’avance…, op. cit., p. 12.
5. Ibid.
6. René Dutrey, Romain Paris, Etat programmé de la construction à Paris depuis 2001, disponible sur http://conseildeparis.lesverts.fr/IMG/pdf/Etat_de_la_construction_paris_depuis_2001.pdf.
7.
Paris, Un temps d’avance…, op. cit., p. 12.
8. Cf. « Le marché du travail à Paris. L’emploi salarié », CCIP-Délégation de Paris Service Economie et Information territoriale, mise à jour décembre 2007, disponible sur http://www.ccip75.ccip.fr/.
9.
Paris, Un temps d’avance…, op. cit., p. 24.
10.
Voire le chapitre de sont programme sous ce titre : Paris, Un temps d’avance…, op. cit., p.57-58.
11.
Cf. “Accord Bill Gates – Bertrand Delanoë”, L’Humanité du 30/01/2008.
12.
Sabrina Dufourmont « Des RMIstes bien encadrés », in L’Express du 08/02/2007.
13.
Cf. http://christophe-girard.over-blog.org/categorie-738845.html
14. "Accord Bill Gates - Bertrand Delanöe", art.cit.

 

Par LCR Paris 10ème
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Samedi 1 mars 2008

Liste Paris 100% à gauche soutenue par la LCR

conduite par Sylvain Pattieu et Soraya Al-Fahham

 

Réponses aux questions des conseils de quartier

pour les candidats aux municipales

 

Les questions des conseils de quartier sont en italique

Nos réponses sont en gras

 

Petite précision : nos militants et candidats sont des salariés, pas des professionnels de la politique. Ne disposant pas de collaborateurs d'élus appointés, nous ne sommes donc pas en mesure de rentrer pour chaque question dans les détails les plus techniques.

 

A . Démocratie locale

 

1 Comment envisagez-vous votre rôle et vos relations avec les instances créées par la loi pour favoriser la "démocratie locale" ?   

 

Les élus doivent être au service de la population qui doit avoir les moyens de les contrôler. Dans ce cadre il faut aller plus loin en matière de démocratie locale.

Nous prônons la démocratie participative, si souvent récupérée et déformée, en référence à l’expérience de la ville brésilienne de Porto Alegre dans l’Etat Rio Grande de Sul.

Le maire et son équipe municipale, militants de l’équivalent de la LCR au Brésil, avaient mis en place un système de conseils de quartier qui disposaient d’un véritable pouvoir de décision démocratique, d’un budget et d’un droit de regard sur l’action des élus.

Selon nous la démocratie locale passe par un véritable pouvoir de contrôle et d’initiative des conseils de quartier. Leurs avis, demandes, vœux doivent être obligatoirement examinés par le conseil d’arrondissement.

 

2 Que signifie en pratique la "concertation" pour vous ? A quoi vous engage-t-elle vis-à-vis de vos interlocuteurs des CQ ?

 

Le conseil d’arrondissement doit se prononcer sur les vœux des conseils de quartier, le Conseil de Paris doit faire un bilan tous les six mois des vœux émis par les CQ. Il doit y avoir de l’écoute de la part des élus. Les conseils de quartier doivent pouvoir se prononcer sur les équipements et les services de l’arrondissement, et les élus doivent mener la bataille avec eux quand la responsabilité de l’Etat ou du Conseil de Paris est engagée. Les CQ ne doivent pas être une instance de validation de décisions prises à un autre niveau mais un lieu de débat, de proposition et de décision en ce qui concerne les aménagements locaux.

 

3. Comment entendez-vous faciliter leur fonctionnement, donner de la  crédibilité aux conseils de quartier, et motiver ainsi les habitants acceptant d'agir bénévolement dans ces instances ?

 

Les conseils de quartier doivent disposer d’un véritable pouvoir de décision sur un plus grand nombre de projets. Un adjoint à la démocratie locale doit être nommé. Il faut développer l’information autour des CQ, l’affichage actuel est insuffisant. Leurs réunions, ordre du jour, compte rendus doivent faire l’objet d’une large publicité. Le rôle de l’élu doit consister à leur apporter son soutien pour voir aboutir leurs revendications et projets.

Il faut souligner cependant que motiver les habitants pour participer aux CQ nécessite aussi des changements qui ne dépendent pas directement de la municipalité, car les CQ ne sont pas complètement représentatifs de la population du quartier. Il faudrait diminuer massivement le temps de travail car il est notamment difficile pour les salariés de participer activement à des activités extra-emploi. De même, pour encourager la participation actuellement très faible des habitants d’origine étrangère non francophones, il faudrait assurer la présence d’interprètes.

 

 4. Pour que les instances de démocratie locale puissent effectivement jouer leur rôle de partenaires des élus de la Ville et de l'arrondissement, que pensez-vous des dispositions suivantes :

 

  • déléguer un maire-adjoint, conseiller de Paris, à la démocratie locale et à la vie associative?

 

Oui nous y sommes favorables.

 

  • désigner des "élus référents" convaincus de l'utilité de ces instances et disposés à co-opérer avec les équipes d'animation pour faciliter la communication avec les habitants et la prise en considération de leurs souhaits et projets ?

 

Oui c’est un moyen de prendre vraiment en compte les vœux des conseils de quartier.

 

  • soumettre au vote du Conseil d’arrondissement les vœux émis par les CQ ?

 

Bien entendu sinon ils ne resteront que des vœux pieux (et en général à la LCR nous ne sommes pas très pieux).

 

  • organiser rapidement une concertation avec des représentants des équipes d'animation afin de faire un "état des lieux" et de définir les modalités du « travailler ensemble » ?

 

Oui, cette mesure pourrait être prise immédiatement sans grande difficulté : c’est une question de volonté politique.

 

  • prévoir, sur demande motivée, des rencontres avec les services "techniques" compétents - y compris à l'Hôtel de Ville - afin d'échanger en temps utile sur les différents aspects d'un projet ou son évolution ?

 

Oui, afin que les élus ne se réfugient pas derrière l’argument d’autorité des « contraintes techniques » pour refuser des projets.

 

  • organiser, chaque fois que nécessaire, des réunions avec des membres d'équipes d'animation de plusieurs quartiers - voire d'arrondissements limitrophes ?

 

Oui. Ce serait très important afin que les CQ aient une vision globale de l’arrondissement, et puissent se coordonner. Il faut une instance démocratique représentative des divers conseils de quartier, afin qu’ils ne restent pas isolés. Il en faudrait d’ailleurs aussi une au niveau parisien, même s’il faut veiller bien sûr à ne pas multiplier les réunions et les instances. Des assemblées parisiennes des conseils de quartier pourraient être organisées bien plus régulièrement, comme cela a d’ailleurs été fait une fois sur la question des personnes sans domicile.

 

B. Précarité et solidarité

 

5-Quel engagement pouvez-vous prendre sur le fonctionnement et l’action de la Coordination Précarité Xème ?

Il faut la faire fonctionner, avec un élu référent et peut-être un salarié (pas en emploi précaire !). Un poste à titre expérimental est prévu sur trois arrondissements dont le Xème. Cet emploi devrait être pérennisé et à terme il faudrait un temps plein pour le seul Xème (et aussi pour les autres arrondissements concernés). Pour nous, le social est une priorité !

 

6-L’historique des « vœux » montre la permanence des problèmes et la pertinence du projet “kiosque/bagagerie/sanitaires”. Ce projet vous paraît-il suffisamment important pour y affecter ou préempter des espaces sur l’arrondissement ? Quel engagement prendriez-vous sur sa réalisation et sur un calendrier

 

La réalisation d’un kiosque d’accueil pour les exilés (avec interprètes etc…), d’une bagagerie pour les populations à la rue et de sanitaires pourrait être immédiate, d’autant que ces mesures ne nécessitent pas d’investissements importants. Rappelons à titre d’exemple que quand la Poste située près de la Gare de l’Est a été en travaux, des bâtiments en préfabriqué dotés d’électricité ont été installés en un temps record, à l’endroit même où se retrouvent de nombreux exilés !

Il s’agit donc d’une priorité. La responsabilité de l’Etat qui a fermé Sangatte quand Sarkozy était à l’intérieur est bien sûr engagée, mais la municipalité ne doit pas se retrancher derrière l’Etat comme c’est le cas actuellement pour dénier ses propres responsabilités face à une situation d’urgence. C’est inhumain et inacceptable.

 

7-Que prévoyez-vous de faire pour améliorer la situation des "exilés" (Kurdes,

Irakiens ou Afghans) du square Satragne et du jardin Villemin ?

 

Là encore, une partie de la question doit se résoudre au niveau national, avec la régularisation des sans papiers. Si entre 100 et 300 exilés d’Afghanistan et d’Irak passent un temps plus ou moins long autour des gares dans l’espoir de passer en Angleterre, s’ils en sont réduits à vivre dans la rue, c’est bien du ressort principal de l’Etat. Mais la Mairie ne peut se retrancher derrière ce fait pour refuser d’assumer l’urgence de la situation. C’est ce qu’elle fait notamment concernant le sort des mineurs dont elle refuse de s’occuper en disant que c’est le rôle de la DDASS. Un kiosque d’accueil doit immédiatement être mis en place avec notamment des interprètes, afin qu’ils soient au courant de leurs droits. C’est ce que réclame depuis des années le collectif des exilés du Xe et que la Mairie a toujours refusé de faire jusqu’ici. Des solutions d’hébergement autres que l’accueil dans des centres pour SDF, inadaptés, doivent être trouvées : ce point rejoint la question du logement social. Un soutien, une solidarité de la Mairie doivent être apportés à ces exilés, sans examen osseux pour déterminer leur âge !

 

8- Que pensez-vous faire pour faciliter l’accès à la voirie et aux bâtiments publics des personnes à mobilité réduite ?

 

Il y a un travail de mise aux normes qui est nécessaire, notamment concernant des bâtiments anciens. Par la construction de bateaux, d’équipements appropriés, des réponses doivent être apportées. Elles passent par un recensement des lieux à problème avant leur mise aux normes, puis par un plan d’aménagement. Malgré le Schéma directeur de l’insertion et du handicap établi par la Mairie, il n'existe à ce jour aucune information sur le recensement des établissements publics ne disposant d'aucun accès aux personnes à mobilité réduites. Ainsi, dans le Xe, comme à l'échelle de Paris, il est urgent de rattraper le retard, notamment au regard des exigences des normes européennes dans l'accessibilité des lieux et établissement accueillant du public aux handicapés. Ce projet devra prendre en compte le vécu des handicapés en associant les associations et structures spécialisées. Enfin, municipalité doit aussi engager une concertation vigoureuse avec la RATP et la SNCF pour améliorer l'accessibilité aux transports en commun parisiens, largement insuffisante.

 

 

 

 

C PROPRETE 

 

Quelques remarques liminaires : il convient de se mettre d’accord sur ce qu’on entend par propreté. A ce titre les critères du baromètre de la propreté doivent être mis en question : selon les arrondissements, la population qui y habite, les exigences, les normes et les définitions de la propreté peuvent varier. Ceci étant dit, pas de politique de la propreté sans investissement plus massif et central de la ville en ce domaine, or les moyens de la ville ont baissé depuis cette période. Ce qui pose deux questions : celle des services publics municipaux et du refus de la délégation au secteur privé (donc une remunicipalisation alors qu’actuellement des entreprises comme Véolia font de l’argent sur la propreté des Parisien-ne-s, et celle de la fiscalité locale, profondément injuste et qui devrait être réformée.

 

 

9-Qu’êtes-vous prêt-e à faire pour :

 

  • relancer la dynamique de partenariat entre mairie, services de la propreté et conseils de quartier ?

Nous nous engageons à relancer cette dynamique en augmentant les moyens consacrés à la propreté, dans le cadre des services publics municipaux et non de la délégation au privé. Des personnels supplémentaires doivent être engagés, avec un véritable statut et non dans la précarité comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui.

 

  • améliorer l’efficacité des actions menées ?

 

Là encore, c’est la logique du service public et non celle de la concession au privé qui doit dominer. Les conseils de quartier, les habitants, en lien avec les élus et les organisations syndicales des salariés de la propreté, doivent avoir un droit de regard sur le travail accompli et sur les modalités de son exécution.

 

  • faire que la propreté devienne une préoccupation pour chacun ?

 

Les appels à la bonne volonté individuelle, s’ils ne sont pas culpabilisateurs, sont nécessaires mais pas suffisants. Il faut une volonté politique centrale.

Un seul exemple : un des aspects frappants des problèmes de propreté dans le Xe réside dans la prégnance des odeurs d’urine, notamment près des gares. C’est désagréable mais cela souligne surtout le trop faible nombre de WC publics gratuits qui devraient être installés un peu partout dans l’arrondissement. Dans ce cas comme souvent, mieux vaut prévenir que guérir !

 

10-Pouvez-vous vous engager à donner l’exemple, en nettoyant les affiches politiques dans les huit jours suivant les élections ?

Nous ne pouvons pas prendre un tel engagement, qui ne serait que démagogie électorale. En effet, il nous faudrait pour cela les moyens des services de propreté, que nous n’avons pas ! Si nous collons des affiches sur les murs, c’est bien que l’arrondissement manque cruellement d’espaces réservés aux informations politiques, syndicales, associatives. La Mairie devrait mettre en place de tels panneaux. Il y a un véritable problème pour l’expression politique publique légale, y compris en terme de salles de réunions. Il serait du rôle de la municipalité de mettre à disposition des associations, partis, syndicats, groupes de citoyens, de tels locaux. Franchement, peut-on vraiment affirmer que les affiches politiques polluent plus le paysage que les publicités omniprésentes, notamment sur les panneaux Decaux généreusement octroyés par la Municipalité à un entrepreneur privé ? On en revient à notre remarque préliminaire sur la nécessaire définition de ce qu’on entend par pollution, propreté etc… 

 

 

 

D. Commerces de proximité et monoactivités

 

De nombreux habitants de nos quartiers se plaignent, depuis des années, des nuisances occasionnées par des monoactivités concentrées sur certains secteurs :

 

Là encore quelques remarques préalables : la volonté de disposer près de son domicile de commerces de proximité est largement légitime. Mais derrière les griefs contre la monoactivité ne doivent pas se cacher des préoccupations moins avouables et stigmatisantes pour certaines populations de l’arrondissement. Car enfin de quoi parle t-on quand on évoque la monoactivité ? De la monoactivité en matière de cristallerie et de vaisselle de la rue Paradis ? Des luthiers de la rue de Rome ou des bijoutiers de la place Vendôme, certes hors de notre arrondissement ?

Parfois, derrière la monoactivité, ce qui gêne c’est la concentration de populations d’origine immigrée, et pour nous c’est inacceptable. Par exemple dans le cas des commerces tamouls le long de la gare du Nord, il ne s’agit pas de monoactivité même si tous sont tenus par des commerçants d’une même origine : il y a des épiceries, de la téléphonie mobile, des restaurants. Ce qui gêne dans ce cas, est ce la « monoactivité » ou la présence dans le quartier d’une population d’origine étrangère qui a après tout bien le droit de se rassembler où bon lui semble tant que cela ne dérange pas autrui !

Il faut veiller à la diversité des commerces, bien entendu, mais même quand certaines rues concentrent beaucoup de boutiques consacrées à une même activité, il n’est pas rare qu’une rue plus loin il existe boulangerie, boucherie ou marchand de légumes.

Enfin, il ne faut pas exonérer la grande distribution et les avantages dont elle bénéficie de la responsabilité de la disparition des commerces de proximité.

 

11- Comment comptez-vous assurer le respect de la réglementation, en matière de livraisons, d’hygiène et de propreté  ?

 

Le lien entre « monoactivité » et manque d’hygiène ou de propreté ne nous paraît pas forcément évident. Cela dit, la municipalité doit veiller à l’application de la réglementation, au respect des riverains de tous les commerces. Les élus, avec le soutien des habitants, doivent faire pression sur la Préfecture et les services de propreté.

 

12- Quelles initiatives comptez-vous prendre pour promouvoir la diversité des commerces de proximité dans le quartier ?

 

Quand la situation est vraiment abusive, la Mairie peut faire jouer son droit de préemption sur certains baux commerciaux. Elle peut définir, par quartier, et en concertation avec les habitants un nombre souhaitable de commerces de proximité divers. Pour lutter contre les avantages de la grande distribution, nous souhaitons également que la Mairie prenne contact avec des organisations de producteurs, comme la Confédération paysanne, afin de mettre en lien commerçants et producteurs d’aliments de qualité.

Par LCR Paris 10ème
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Samedi 1 mars 2008

Liste Paris 100% à gauche soutenue par la LCR

conduite par Sylvain Pattieu et Soraya Al-Fahham

 

Réponses aux questions des conseils de quartier

pour les candidats aux municipales

 

Les questions des conseils de quartier sont en italique

Nos réponses sont en gras

 

Petite précision : nos militants et candidats sont des salariés, pas des professionnels de la politique. Ne disposant pas de collaborateurs d'élus appointés, nous ne sommes donc pas en mesure de rentrer pour chaque question dans les détails les plus techniques.


E. Urbanisme

 

13-Quels engagements pouvez-vous prendre sur les projets suivants, exprimant des demandes prioritaires des conseils de quartier ?

 

Concernant tous ces projets, des arbitrages budgétaires concernant le calendrier des priorités sont nécessaires. Ils pourraient être envisagés dans le cadre de conseils interquartiers afin de disposer d’une vision globale sur l’arrondissement. De même, l’instance parisienne interquartiers que nous envisageons ci-dessus permettrait le développement de priorités globales partagées. Aussi ne pouvons nous pas nous engager sur des mesures précises concernant chaque projet. D’autant que des questions comme celle du logement social, des crèches, des écoles et des services publics municipaux, peu abordées dans ce questionnaire, constituent des priorités sociales d’urgence, donc des axes importants de notre programme.

Afin de trancher entre les différents projets et aménagements, des référendums pourraient être envisagés, soit à l’initiative de la Mairie soit dans des conditions bien précises (campagne menée par un certain nombre d’habitants) par la population elle-même.

 

  • L’aménagement de la gare de l’Est ?

(Parvis ? garage des bus ? Nouveaux espaces verts ? Couverture des voies ?)

 

Des aménagements sont nécessaires, et les nouveaux espaces verts sont particulièrement importants. A cet égard, le projet du Charles de Gaulle Express nous paraît davantage correspondre aux besoins d’hommes d’affaire fortunés qu’a ceux de la population. Un tel projet est très onéreux et ne profite qu’à une faible partie de la population.

 

  • Faire de l’îlot Saint-Laurent un vrai espace de vie et de convivialité ?

(Parvis ? Square ? Rénovation de l’église ?)

 

La rénovation de l’Eglise, historiquement très importante, doit être essentiellement financée par l’Etat. Le jardin doit être accessible à tous. Dans le cadre de l’aménagement de la Gare de l’Est, il faut associer la population et les urbanistes avec lesquels elle souhaite travailler à une remise en valeur de l’îlot.

 

  • La place du marché Saint-Martin ?

(L’aménagement actuel est très en-deçà de ce que souhaitent les habitants .)

 

  • L’offre d’espaces sportifs ?

 

Il y a un manque évident d’espaces sportifs, même si cette question n’est pas facile à résoudre car elle pose une question de place. L’aménagement de nouveaux espaces sportifs doit être étudié (espace St Lazare par exemple pour un grand gymnase ?). La couverture des voies des gares pourrait aussi être une piste. La pratique du sport dans le cadre scolaire souffre notamment de temps de transport long. En attendant des aménagements, la Mairie pourrait faciliter l’accès à des cars scolaires plus nombreux pour de tels déplacements.

 

  • La place T10 ?

 

 

14- Comment allez-vous poursuivre la concertation pour le suivi des projets en cours de réalisation ?

 

Même réponse que pour la question précédente : il y a des arbitrages à effectuer qui ne seront pas uniquement les nôtres, mais doivent résulter de l’expression des choix de la population.

 

  • L’espace Saint-Lazare ?

 

La concertation sur ce projet, entamé depuis plusieurs années, doit être accélérée, afin que le jardin soit enfin terminé et que le problème du parking soit résolu à la satisfaction des habitants.

 

  • Le Balcon vert ?

 

 

F. Cadre de vie

 

15-Quels engagements pouvez-vous prendre sur les demandes suivantes des conseils de quartier ?

 

Dans la mesure des arbitrages budgétaires nécessaires, nous souhaitons faire avancer ces projets, qui nous paraissent importants. Là encore, il faut envisager des référendums locaux.

 

  • Verdissement du Xème ?

(Jardins partagés ? Jardinières ? Squares existants ? Couverture de voies ?)

 

Il est clair que le Xe manque cruellement d’espaces verts, mais aussi de parcelles susceptibles de les accueillir. Les rares constructions nouvelles pourraient être obligées, afin d’obtenir leur permis, d’assurer une certaine superficie de jardin, accessible au public, autour de leur rez-de-chaussée… Les jardins verticaux sur les murs pignons pourraient être installés par la municipalité, sur convention avec les copropriétés. En fonction des moyens financiers disponibles, la couverture partielle des voies des gares pourrait fournir quelques hectares de verdure supplémentaire, ainsi que des terrains de jeux de ballon…

  • Piétonisation et végétalisation des rues dans l’arrondissement, en concertation avec les habitants ?

 

Une modernisation, voire un assouplissement de la réglementation actuelle seraient souhaitables afin d’encourager les initiatives citoyennes de végétalisation, en plus des efforts municipaux dans ce sens.

 

  • Réduction des nuisances sonores dans l’arrondissement ?

 

Une réduction de la vitesse des véhicules serait un aspect important (notamment par la mise en place de dos d’âne plus efficaces). C’est aussi la question des normes de construction des véhicules (et particulièrement des deux roues motorisées) qui est posée. 

 

G. Avenir du canal Saint-Martin :

 

16-Quels engagements êtes-vous prêt-e à prendre sur les souhaits des conseils de quartiers riverains concernant l'avenir du canal ?

 

  • Sécuriser les acquis : maintenir l'opération canal piéton le dimanche et les jours fériés, de 10h à 18h en hiver et 20 heures en été, comme cela est le cas à travers l'opération actuelle de la ville de Paris "Paris respire", avec sécurisation du site et contrôle policier des accès riverains motorisés

 

Nous sommes favorables à cette mesure.

 

  • Réaliser l'extension géographique de canal piéton en direction de la rue du Faubourg du Temple, suivant les conclusions des études réalisées et expérimentées en 2007, avec sécurisation du site et contrôle policier de tous les accès riverains motorisés

 

Nous sommes favorables à cette mesure.

 

  • Élaborer une CHARTE d'utilisation du canal, en collaboration avec les habitants (Conseils de Quartier), les associations impliquées et les administrations responsables. Cette CHARTE devra définir les limites d'utilisation festive de site, mais également les règles d'utilisation citoyenne de celui-ci en particulier le soir, concernant les nuisances sonores et la consommation d'alcool Cette CHARTE devra être apposée de manière évidente et son imposition assurée par les services de Police, ainsi que l'ensemble des arrêtés existants en vigueur.

 

L’élaboration d’une charte pourrait être intéressante mais il faut rappeler que ce type de document ne possède aucune valeur coercitive. De manière générale nous pensons que dialogue et prévention valent mieux qu’intervention policière. Le canal doit rester un lieu convivial ouvert à toutes les populations, même si bien entendu les limites fixées par la loi sur le tapage doivent être respectées.

 

  • Réaliser une étude globale d'aménagement portant à fois sur l'urbanisme, la circulation et le traitement des espaces publics, sur la totalité du canal Saint Martin dans le 10ème arrondissement. Cette étude devra intégrer les principes généraux du RÉSEAU VERT, conformément au Voeu voté à l'unanimité de l'équipe municipale sortante au mois de Juin 2006.

 

Nous y serions favorables.

 

  • Définir le futur du bassin Louis Blanc 

 

Là encore, nous ne ferons rien sans concertation avec les habitants.

 

H- Circulation

 

17-Avez-vous l’intention de poursuivre l’aménagement de quartiers verts, zones 30 et aires piétonnes ?

 

Oui nous souhaitons poursuivre de tels aménagements.

 

18-Pensez-vous prolonger le Réseau vert, pour compléter l’axe Nord-Sud prévu par le projet ? Si oui, comment ?

 

Oui. Nous envisagerions ce tracé en lien avec l’association Le Réseau Vert et avec les riverains.

 

19 -Comment comptez-vous dissuader la circulation de transit et faire mieux respecter la limitation de vitesse (30 ou 15km/h) dans ces quartiers, y compris par les 2RM ?

 

Outre la réglementation, des dos d’ânes plus efficaces seraient nécessaires.

 

20-Quelles mesures comptez-vous prendre pour que la rue René Boulanger et les rues adjacentes correspondent à un véritable réseau vert (circulation douce et végétalisation)?

 

Pour la végétalisation, nous renvoyons aux arbitrages budgétaires. La participation citoyenne, avec des interventions des associations (dont des associations de commerçants), pourrait aussi agir sur le verdissement pour embellir et pour modifier le comportement des automobilistes. Des dos d’âne plus efficaces ont aussi un rôle à jouer.

 

21-Comment allez-vous améliorer les relations entre cyclistes et piétons, notamment boulevard de Magenta où les conflits sont nombreux ?

 

Le nombre accru de cyclistes est récent et il y a sans doute des habitudes à prendre de part et d’autre. D’ailleurs cela semble commencer à se faire. Mais ces pistes cyclables sont sans doute mal signalées, et si les comportements n’évoluent pas, alors peut-être faudrait-il envisager comme entre Belleville et Ménilmontant une voie cyclable clairement séparée du trottoir (à condition que les interdictions de stationner soient respectées !).

 

22-Qu’allez-vous faire pour continuer à développer les voies cyclables ?

(et en particulier pour compléter l’itinéraire cyclable Est-Ouest, sur l’axe Château d’eau à partir de la République ?)

 

Vu le développement du vélo aujourd’hui, il faut indéniablement plus de pistes cyclables. Nous sommes prêts à envisager ce compléter l’axe cyclable est-ouest, selon les principes définis plus haut (arbitrages budgétaires, concertation).

 

24-Avez-vous l’intention d’étendre le stationnement aérien et souterrain des véhicules automobiles et des deux roues ?

 

Remarque préliminaire : on ne peut réfléchir à ces questions en les déconnectant d’un plan global de circulation et de stationnement au plan parisien. De même faudrait-il des parkings gratuits aux portes de la capitale pour permettre aux habitants des banlieues d’y laisser leur véhicule lorsqu’ils viennent à Paris. Le développement de systèmes de voitures partagées et de co-voiturage participe aussi de ce plan global sur la place de la voiture en ville, comme le fait également le renforcement de l’offre de transports en commun.

 

L’extension du stationnement aérien et souterrain des véhicules automobiles et des deux roues est une question ardue car une telle mesure ne doit pas passer pour une incitation à l’usage de la voiture. En même temps des riverains sont aujourd’hui obligés parfois d’emprunter leur voiture donc de se garer. Il devrait être possible de leur fournir plus de possibilités de se garer hors de la voirie (ce qui permet de développer les pistes cyclables) par la création de parkings municipaux, en évitant ainsi d’enrichir les propriétaires de garages mis en location, objets d’une véritable spéculation aujourd’hui.

 

 

Annexes

Les passages suivants ne font pas partie du projet interquartiers, mais peuvent être utilisés par chaque CQ à son gré.

 

 

C PROPRETE 

 

9-Etes-vous prêt à promouvoir les actions suivantes ?

 

  • Pour relancer la dynamique de partenariat :

Faire un « bilan » du contrat propreté et l’actualiser

Rendre public les résultats propreté tous les 6 mois

Faire un débat une fois par an sur la question de l’environnement du Xème

 

Nous y sommes prêts.

 

  • Pour améliorer l’efficacité :

Se doter d’un programme « amélioration de la propreté du Xème »

Renforcer les ressources matérielles et humaines (en fonction du constat du bilan propreté)

Rendre effective, plus présente et plus visible la verbalisation des incivilités

 

Oui pour le renforcement des ressources matérielles et humaines (cf réponses précédentes). Sur la verbalisation des incivilités, il faudrait tout d’abord discuter de ce qu’on range sous ce terme. La verbalisation n’est pas toujours la meilleure solution et encore une fois il nous semble que la prévention vaut mieux que la répression. S’il nous semble évident que la propreté dépend des moyens dégagés centralement et de la volonté politique, ce qui implique un renforcement des ressources matérielles et humaines (cf réponses précédentes), l’attitude des usagers doit aussi être prise en compte. Est-il judicieux de laisser penser aux habitants qu’ils peuvent salir puisque de toute façon, les services de la Ville passent derrière eux pour nettoyer / puisque la Ville a des moyens importants pour passer derrière eux nettoyer ? Sur la manière de sensibiliser les habitants à ces questions, nous ne sommes pas pour favoriser le matraquage par grandes campagnes de publicité (cf. remarques plus haut) ni les OCNA (Opération coordonnée de nettoiement approfondi) qui, si elles se révèlent nécessaires ponctuellement, sont souvent des opérations de communication, l’arbre qui cache la forêt. Ainsi, c’est la structure du budget de la propreté qu’il faudrait repenser et réaménager de manière à favoriser les besoins réels, en terme d’effectifs notamment, et à éviter les cadeaux au privé.

 

  • Pour faire que la propreté devienne une préoccupation pour chacun

Placer la propreté comme une priorité de la politique municipale

Mener une campagne propreté volontariste, opérationnelle et rigoureuse ciblée, en particulier, sur les usagers du quartier et lui donner un caractère de leitmotiv dans la durée

Faire, en particulier, 2 opérations ciblées (type OCNA) par an sur les sites les plus critiques.

 

Même remarque que pour la question précédente. Avant de matraquer les usagers que la Mairie prenne ses responsabilités.

Par LCR Paris 10ème
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