Le 10e arrondissement de Paris, où Sarkozy a établi son QG de campagne électorale, est un quartier cosmopolite, populaire, jeune, mixte… Il est aujourd’hui quadrillé par la police.
Notre quartier est-il sous occupation ?
Le 10e arrondissement et plus particulièrement les abords de la rue d’Enghien, choisi par Sarkozy pour y établir son QG de campagne, est un des quartiers les plus animés de la capitale : des milliers de citadins, 60 ethnies y vivent ensemble. Depuis son arrivée, c’est le quadrillage policier, la multiplication des contrôles d’identité pour les habitants. Cela a bouleversé la vie du quartier, celle des associations, turques et kurdes en particulier, et celle des commerces et restaurants bon marché alentour dans lesquels les clients n’osent plus se rendre par crainte des contrôles policiers. L’animation et la convivialité, y compris dans la soirée, ont laissé place à l’inquiétude. Nous refusons de voir notre quartier, lieu de vie et de diversité, devenir une « zone interdite » et s’appauvrir à cause de la présence du candidat de l’UMP, qui utilise les moyens du ministère de l’Intérieur au service de sa candidature.
Pas de karcher dans le 10e
Ici, dans ce quartier, appelé aussi "la Petite Turquie", se trouvent de nombreux salons de thé turcs et kurdes, point de rencontres de ressortissants qui travaillent pour beaucoup dans la confection, dans le Sentier tout proche, et plus aujourd'hui dans le bâtiment. Comme le montrent les bons rapports établis depuis longtemps entre les diverses communautés, les fêtes du quartier, l’action du Centre Culturel Kurde, la volonté d’ouverture, et malgré la barrière de langue, nous tenons à affirmer notre fraternité franche et solidaire par delà les clivages que l’on tente de nous imposer. En choisissant le 10e arrondissement populaire, jeune, et multiculturel, Sarkozy a souhaité soigner son image. Mais nous ne sommes pas dupes : Populaire ? Sarkozy souhaite abaisser l’impôt des plus riches et des grandes entreprises, s’en prendre au code du travail et au droit de grève. Il a soutenu le CPE, insulté la jeunesse et les habitants des banlieues en les traitant de « racailles » qu’il faudrait « nettoyer au karcher ». Quant aux immigrés, les mesures de sécurité mises en place non seulement devant son QG, mais dans tout le quartier et ses alentours, sont le reflet de sa politique générale contre les étrangers. Sarkozy envoie la police jusque dans les écoles pour aller chercher les enfants dont il veut expulser les parents. Il organise de véritables rafles, comme au métro Château d’Eau il y un an, puis dans les 18e, 19e et 20e arrondissements, et va jusqu’à profiter de la présence des Restaurants du cœur pour piéger les sans-papiers comme cela s’est déroulé Place de la République récemment. Son programme prévoit la création d’un « ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale », comme si la première pouvait menacer la seconde, alors que la France s’est construite et enrichie de vagues successives d’immigrés.
Les élections sont un prétexte
L’omniprésence policière, les contrôles d’identité, le climat qui règne dans le quartier sont une illustration de la société dans laquelle le candidat de l’UMP voudrait faire vivre la population de ce pays et des méthodes qu’il entend employer pour y parvenir. Nous appelons les habitant-e-s, français-e-s et immigré-e-s, les associations, syndicats, partis à nous rejoindre pour développer la solidarité et la résistance. Rejoignez-nous pour en débattre et pour le thé de la fraternité à l’occasion du nouvel an kurde, samedi 24 mars à 18h devant la Poste de gare de l’Est (Square Alban Satragne).
Réagissons !
Pour l’arrêt des contrôles policiers
Pour l’arrêt des expulsions des sans-papiers
Pour le droit au séjour pour tou-te-s
Les immigrés ne sont pas un danger mais une chance pour le quartier !
COLLECTIF « CONTRE SARKOZY, LE 10ème EST A NOUS »

Ligue Communiste Révolutionnaire
Paris, le 22 novembre 2007
